Technologies et cours de musique: 3 pistes d’usage responsable

Les outils numériques font désormais partie des ressources qu’un professeur de musique peut utiliser dans le cadre de son enseignement à l’école de musique ou au conservatoire. Et il existe une multitude de possibilités! Celles-ci permettent entre autres de :

  • créer des ressources pour aider les élèves à pratiquer en autonomie
  • mener des activités de création (composition, arrangement, enregistrement)
  • diversifier les approches pédagogiques et les modes d’évaluation

Mais quel que soit l’outil utilisé, une question se pose fréquemment: comment éviter une potentielle distraction liée à l’usage de l’écran? Comment aider les élèves à rester concentrés sur leur apprentissage et éviter toute confusion entre usage pédagogique et usage récréatif ?

Voici quelques pistes concrètes pour faciliter les usages en toute sérénité.

1. Clarifier l’objectif pédagogique

Avant de mettre en place l’utilisation d’un outil numérique, la première étape consiste à définir en quoi l’outil numérique va aider à l’apprentissage musical. Cette démarche se fait en 3 étapes:

  • Définir l’objectif pédagogique précis à atteindre
  • Identifier la valeur ajoutée du numérique dans l’atteinte de l’objectif
  • Expliciter ces éléments auprès des élèves

Prenons l’exemple d’une séance de travail dont l’objectif pédagogique est de travailler la pulsation et la régularité. Pour ce faire, on peut s’appuyer sur un logiciel d’enregistrement comme Soundtrap, une station audionumérique en ligne qui permet d’enregistrer et de créer de la musique, seul ou à plusieurs, de façon synchrone ou asynchrone.

Dans ce cas, la valeur ajoutée est très claire: difficile de faire sans un outil de ce type pour obtenir un enregistrement audio que l’élève va pouvoir réécouter. Et c’est sans compter la possibilité offerte à ce même élève de se réenregistrer de chez lui, voire de construire tout un morceau autour de son enregistrement!

Dès lors, si cette méthodologie est bien expliquée aux élèves, elle limite les dérives : si l’élève sait pourquoi l’ordinateur est là et dans quel but il doit s’en servir, il sera moins tenté d’en détourner l’usage. L’outil numérique devient ainsi un moyen d’atteindre un objectif clair, et non une fin en soi.

2. Mettre en place un cadre d’usage clair et éducatif avec l’écran

Une fois l’objectif défini, le second volet concerne la mise en place d’un cadre d’usage explicite: c’est ce cadre qui garantit l’usage de l’écran en tant qu’outil de travail.

Pour cela, le professeur doit là aussi expliciter la méthode de travail en indiquant

  • le déroulé temporel de la séance
  • les conditions d’utilisation, en favorisant un usage collectif pour limiter le risque d’isolement
  • les règles d’utilisation de l’interface
  • la place du numérique dans la séquence de travail

Imaginons une séquence de travail intégrant Soundtrap et dont le déroulé serait le suivant:
– 5 minutes : rappel de l’objectif et des consignes
– 20 minutes : travail en sous-groupes sur les projets (enregistrement audio)
– 10 minutes : écoute des productions et retours collectifs

En annonçant le déroulé dès le début, le professeur définit un périmètre temporel qui limite la dispersion puis il organise les groupes de travail qui restent sous sa supervision. Il indique enfin les règles (usage de Soundtrap limité au projet de la séance, interdiction d’ouvrir autre chose, etc.) avant de laisser les élèves pratiquer.

Le numérique devient alors une étape identifiée de la séquence pédagogique qui s’articule naturellement avec des phases sans écran tel que le travail préparatoire de répétition d’un morceau avant son enregistrement.

3. Favoriser des pratiques numériques créatives et collaboratives

Les dérives liées aux écrans apparaissent la plupart temps lorsque l’usage est un usage passif (regarder, cliquer, consommer du contenu) tandis qu’un usage actif, créatif ou collaboratif, mobilise l’élève, le concentre, et canalise l’attention vers un projet musical.

Voici quelques exemples d’activités à privilégier avec un outil comme Soundtrap :

  • Composition ou arrangement collectif: l’écran constitue le support d’une création partagée, pas d’une consommation solitaire.
  • Enregistrement comme outil d’écoute critique: l’outil numérique structure le développement de l’oreille et l’auto-évaluation.
  • Création de ressources par les élèves eux-mêmes: les élèves fabriquent leurs propres accompagnements, playbacks, boucles rythmiques ou exercices, qui serviront ensuite à la classe.
  • Projets hybrides : l’élève enregistre une piste sur Soundtrap et en cours, on joue par-dessus ces créations, on improvise, on harmonise. L’écran prolonge ainsi le travail instrumental, au lieu de le remplacer.

En plaçant le numérique au cœur d’une démarche de projet, l’écran devient un outil d’expression, de coopération et de valorisation des progrès.

En résumé, développer une utilisation responsable des technologies numériques chez les élèves e consiste pas à bannir les écrans, ni à les laisser envahir le cours. Cela demande de méthodologie:

  • clarifier les objectifs pédagogiques avant chaque usage
  • poser un cadre d’utilisation clair, limité dans le temps et structuré
  • favoriser des pratiques actives, créatives et collaboratives, où l’outil est un support de travail musical.

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